Assurance Maladie : une dégradation irréversible ?

Au regard du déficit enregistré l’année dernière par la Sécurité Sociale dont dépend directement l’Assurance Maladie, il semble aujourd’hui assez improbable que la situation puisse être inversée de manière favorable. En dépit de la volonté des pouvoirs publics de chercher des solutions durables afin de réduire le déficit creusé chaque année par l’Assurance Maladie, aucune d’entre elles n’a fait ses preuves jusqu’à présent.

Dès lors, nous assistons à une baisse artificielle des dépenses de santé de l’Assurance Maladie fondée sur une logique massive de déremboursement ce qui est évidemment de nature à pénaliser les assurés sociaux.

Ainsi, il serait effectivement plus pertinent d’envisager une refondation du fonctionnement même de la protection sociale en France plutôt que d’essayer de masquer ses lacunes de façon pénalisante pour les patients Français. Dans cette optique, il appartient certainement aux pouvoirs publics d’ouvrir clairement le débat d’une protection sociale communément gérée avec les réseaux mutualistes dans le cadre d’un accord précis. Il convient d’appréhender l’idée d’une privatisation de la protection sociale des Français car il apparaît clairement aujourd’hui qu’aucun rétablissement viable n’est envisageable pour l’Assurance Maladie. En effet, seule une amélioration significative de la situation économique en France et plus généralement au sein de l’Union Européenne peut permettre de sauver la protection sociale obligatoire des Français grâce à l’augmentation des ressources fiscales et sociales qui en résulterait.

Or, cette gestion déléguée de la protection sociale a d’ores et déjà fait ses preuves avec les étudiants ou encore les travailleurs indépendants même si nous sommes en présence d’une dynamique structurelle assez différente. En somme, il est aujourd’hui primordial d’affronter les problèmes avec courage et abnégation car la situation de l’Assurance Maladie se dégrade continuellement depuis maintenant trois décennies et aboutira à sa faillite totale si aucune décision politique de grande envergure n’est prise au cours des trois prochaines années. En outre, chaque mutuelle a suffisamment démontré son professionnalisme pour qu’une plus grande confiance puisse être accordée à chacune d’entre elles.